
Année sabbatique avant la retraite : bonne idée financière ?
Année sabbatique avant la retraite : une bonne idée financière ?
Prendre une année sabbatique avant la retraite est une idée qui séduit de plus en plus de travailleurs en fin de carrière. L’envie de ralentir, de profiter de la famille et de préserver sa santé devient souvent plus forte que le désir de poursuivre quelques années de plus dans un rythme exigeant.
Mais sur le plan financier, cette décision soulève des questions importantes :
Est-ce réellement possible sans mettre en péril sa sécurité financière ? Peut-on maintenir son niveau de vie à long terme ? Et comment gérer intelligemment les retraits de ses REER et CELI ?
À travers un cas réel, explorons comment une planification rigoureuse peut transformer un projet de vie en décision financièrement responsable.
Pourquoi envisager une année sabbatique avant la retraite ?
La transition entre le travail et la retraite est un changement majeur. De plus en plus de personnes préfèrent une approche progressive plutôt qu’un arrêt brusque.
Une année sabbatique avant la retraite peut permettre de :
réduire le stress accumulé après plusieurs décennies de travail
prendre soin de sa santé physique et mentale
passer plus de temps avec ses proches, notamment les petits-enfants
expérimenter concrètement le rythme de la retraite
valider ses besoins financiers avant l’arrêt définitif du travail
Toutefois, pour que cette pause reste une source de liberté — et non d’inquiétude — elle doit s’inscrire dans un plan financier bien structuré.
Le scénario : prendre une pause à 55 ans, est-ce réaliste ?
Sophie, 55 ans, travaille dans le milieu de l’éducation. Son conjoint Antoine, 61 ans, prévoit prendre sa retraite en janvier 2027. Devenus récemment grands-parents, ils ressentent le besoin de rééquilibrer leur quotidien afin de profiter pleinement de cette nouvelle étape de leur vie.
Sophie atteindra sa pleine retraite en juillet 2028, moment où elle touchera une pension équivalente à 70 % de son salaire. Elle se demande s’il serait judicieux de prendre une année sans solde (environ 10 mois) juste avant cette date.
Durant cette période, elle envisage :
d’utiliser une partie de son REER pour couvrir ses dépenses
de racheter son année de cotisation à son régime de retraite afin d’éviter toute pénalité future
La question centrale demeure : peuvent-ils envisager cette décision tout en maintenant le niveau de vie prévu à la retraite ?
Portrait financier du couple
Sophie (55 ans)
Salaire annuel : 156 000 $
Fonds de pension indexé
REER : 155 000 $
CELI : 109 000 $
RRQ estimée à 65 ans : 1 300 $ par mois
Antoine (61 ans)
Salaire annuel : 103 000 $
REER : 620 000 $
CELI : 45 000 $
RRQ estimée à 65 ans : 1 450 $ par mois
Ensemble
Maison sans hypothèque, valeur estimée à 850 000 $
Coût de vie actuel : 100 000 $
Coût de vie à la retraite : 95 000 $
Un enfant autonome financièrement
Ce portrait démontre une base financière solide, mais la décision d’arrêter plus tôt exige tout de même une projection détaillée.
Impact financier d’une retraite anticipée
Il est vrai qu’en général, avancer sa retraite réduit le capital disponible à long terme, puisqu’on commence à décaisser plus tôt et qu’on cesse d’accumuler.
Cependant, après une projection intégrant :
l’indexation du coût de la vie
un rendement annuel net réaliste
la fiscalité applicable
et une stratégie de décaissement optimisée
le constat est clair : le couple peut se permettre cette année sabbatique sans compromettre son avenir financier.
À long terme :
le patrimoine net pourrait atteindre environ 5,4 millions de dollars
le couple pourrait dépenser jusqu’à 126 000 $ par année, indexé
la maison serait toujours conservée et ne serait pas imposable à la succession
Le rôle déterminant du fonds de pension de Sophie
Le véritable pilier de cette stratégie repose sur le fonds de pension de Sophie.
Ce revenu garanti :
est versé à vie
est indexé annuellement
peut être fractionné fiscalement avec Antoine
Grâce à cette stabilité, le couple n’a pas besoin de dépendre excessivement de ses REER pour financer la retraite. Cela réduit la pression fiscale et procure une tranquillité d’esprit significative.
Stratégie de décaissement des REER et CELI
Les retraits sont effectués de manière stratégique :
Une partie des liquidités provient des REER au moment où les revenus imposables sont plus faibles
Le fractionnement du revenu de pension permet de diminuer l’impôt global du couple
Les surplus générés à long terme peuvent être redirigés vers les CELI
Fait intéressant : dans cette projection, les CELI ne sont jamais utilisés pour financer la retraite. Ils sont conservés et transmis à l’enfant sans impact fiscal.
Comparaison avec d’autres scénarios
Pour mieux évaluer la portée de la décision, d’autres scénarios ont été analysés :
Retraite en 2028, comme initialement prévu : patrimoine net légèrement plus élevé, autour de 5,6 millions de dollars
Retraite immédiate : patrimoine inférieur, mais toujours confortable, avec une qualité de vie maintenue
Dans tous les cas, le couple conserve une marge de manœuvre importante.
Conclusion : une décision de vie, appuyée par les chiffres
Une année sabbatique avant la retraite peut être une excellente décision lorsqu’elle est soutenue par une planification financière solide.
Ce cas démontre qu’il est possible de :
profiter du moment présent
préserver sa sécurité financière
faire des choix alignés avec ses valeurs et ses priorités
La retraite n’est pas seulement une question de chiffres. C’est avant tout un projet de vie qui mérite d’être réfléchi, planifié et vécu sereinement.
Envisages-tu une transition semblable vers la retraite ?
Une analyse personnalisée permet de valider si ce type de scénario s’applique à ta situation.
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