
CELI sans rendement : l’erreur que font des milliers d’épargnants
Lorsqu’on ouvre un Compte d’épargne libre d’impôt (CELI), c’est généralement pour profiter d’un rendement à l’abri de l’impôt. Pourtant, un sondage de la Banque TD révèle une statistique étonnante : la moitié des Québécois qui possèdent un CELI n’investissent pas l’argent qu’ils y déposent.
Oui, vous avez bien lu. 50 % des répondants disent avoir un CELI, mais laissent leurs fonds dormir sans les placer. Chez la génération Z, ce chiffre atteint 44 %. Une réalité surprenante, surtout en plein mois de la littératie financière.
Un CELI… utilisé comme un simple compte d’épargne?
Est-il vraiment possible de déposer de l’argent dans un CELI sans l’investir? Oui, explique Roxane Beaupré, directrice de succursale à la TD :« Le CELI est un véhicule de placement, mais il peut être ouvert sous forme de compte épargne ordinaire. »
Résultat : ces épargnants obtiennent un taux d’intérêt minimal, insuffisant pour compenser l’inflation.« C’est une solution d’épargne à court terme, mais elle ne maximise pas le rendement », ajoute-t-elle.
À long terme, cette approche peut coûter cher, surtout aux jeunes générations. Elles se privent de milliers de dollars en gains non imposables, grâce à la magie des intérêts composés.
Pourquoi ce manque d’investissement?
Deux raisons principales ressortent :
Accès rapide aux fonds : certains veulent pouvoir retirer leur argent facilement.
Mythe du montant minimum : beaucoup croient qu’il faut une grosse somme pour investir.
Pourtant, il existe des placements liquides et aucun montant minimum imposé.« Il suffit d’avoir 100 $ et la volonté d’épargner pour commencer », rappelle Roxane Beaupré.
L’effet du numérique… et du manque de conseils
Les jeunes préfèrent souvent ouvrir leur CELI en ligne, ce qui les prive des conseils personnalisés qu’ils obtiendraient en succursale.« Cela joue contre eux », souligne Roxane. Les Z et millénariaux sont ceux qui investissent le moins, souvent parce que la vie coûte cher : enfants, maison, dépenses courantes. Résultat : ce qu’ils épargnent ne rapporte pas autant qu’il pourrait.
Un désir d’apprendre… mais un manque d’information
Le sondage révèle aussi que 29 % des jeunes auraient aimé mieux comprendre comment optimiser leur CELI dès le départ. Et 33 % disent qu’un guide simple sur les choix de placement les inciterait à investir davantage.
« Les gens hésitent par manque de confiance », conclut Roxane Beaupré. « Je les invite à consulter un professionnel pour prendre des décisions éclairées. »
Points clés à retenir :
Un CELI n’est pas qu’un compte d’épargne : c’est un outil puissant pour faire fructifier votre argent sans impôt.
Il n’y a pas de montant minimum requis pour investir.
Commencez tôt, même avec de petites sommes, pour profiter des intérêts composés.
